quelques maladies des oiseaux

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lolonanar
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quelques maladies des oiseaux

Message par lolonanar » 01 juin 2014, 17:01

Pseudo-tuberculose.

Cette maladie atteint nos oiseaux toujours dans le même contexte. Elle surgit vers la fin de l'hiver, lors des périodes prolongées fraîches et humides, rarement au plus froid de l'hiver. Tout rentre dans l'ordre avec les beaux jours. Nous habitons la région Toulousaine.

Il nous a semblé que parfois cela correspondait avec l'irruption de petits rongeurs qui parvenaient à rentrer dans la volière. Elle n'a jamais touché nos oiseaux en cage ou volière d'intérieur.

Plusieurs oiseaux sont malades en même temps. Quelques fois des Diamants, davantage de petits Estrildidés. Les malades sont hérissés, l'évolution est rapide. Ils meurent dans un délai de 3 à 5 jours. Si il y a une incubation, elle n'a pas été discernable.

Cette maladie peut être confirmée sans aucun doute possible en autopsiant les oiseaux décédés. La rate augmente de volume de façon importante. Le foie et la rate présentent de nombreux petits nodules blancs assez durs. Des prélèvements ont été effectués, de façon à faire déterminer la souche bactérienne avec certitude et connaître le traitement efficace.

Résultats du laboratoire pour les prélèvements de rate et foie : yersinia pseudotuberculosis. Médicaments humains actifs : Ampicilline, Bactrim, Clamoxyl, Quinolones. Le Chloramphenicol,non testé car non utilisé en médecine humaine, est efficace contre cette maladie [ref: J. et M. VIGUIE].

Garder l'oiseau en cage hôpital, sans contact avec les autres car la maladie est contagieuse. Se laver les mains, après chaque contact, comme dans tous les cas de maladies bactériennes. Voici divers médicaments traitant cette maladie:

Pendant 10 jours (selon le fabricant), Chloramphenicol: Mycolicine. Ceci s'achète en cabinet vétérinaire. Dosage: 12 gouttes pour 60ml d'eau, ou bien 5ml par litre d'eau. Le plus grand conditionnement fait 50ml.
Pendant 10 jours, Trimétoprime et Sulfadiazine: Adjusol TMP Sulfa Liquide. Dosage: 2,5ml par litre d'eau, c'est le dosage volailles. Chez le vétérinaire.
Pendant 10 jours, Flumequine: Flumisol à raison de 20 gouttes par litres d'eau, ou Flumix poudre. Ce dernier produit, prescrit avec un dosage "chien", n'a pas été aussi efficace que la Mycolicine.
Pour ma part, ce qui m'a semblé le plus rapide et efficace, c'est la Mycolicine.

Au moins 2 oiseaux guéris lors d'une épidémie de pseudo-tuberculose n'ont jamais contracté cette maladie depuis leur guérison, c'est à dire depuis 4 ans. Il y a bien sûr un doute sur la nature de la maladie, puisqu'ils n'ont subi aucun examen. Un Diamant de Tanimbar a conservé des séquelles. Il a vécu 2 ans avec quelques problèmes d'équilibre.

Colibacillose.
Nous avons eu quelques cas de colibaccilose, déterminée par un laboratoire spécialisé. Le traitement à appliquer était le même que celui de la pseudotuberculose.

Les symptômes de la colibacillose sont assez semblables à ceux de la pseudotuberculose et de la salmonellose. Oiseau en boule, peu mobile, recherchant la chaleur. Le seul moyen de différencier la pseudotuberculose et la colibacillose, en cas d'épidémie, est l'autopsie de l'oiseau, pour contrôler la présence ou l'absence des nodules sur la rate et le foie, et surtout la détermination du germe pathogène.

La colibacillose atteint les oiseaux à un moment de moindre résistance. Les colibacilles sont plus ou moins pathogènes, et ne sont pas présents normalement dans l'intestin des granivores [ref: J. et M. VIGUIE].

Heureusement, le traitement est le même que pour la pseudotuberculose ou la salmonellose. Même si l'on ne sait pas avec certitude à quelle maladie on est confronté, on a la chance de pouvoir appliquer un traitement!

Traitement: voir la pseudotuberculose.

Dosages.


Salmonellose.
Nous avons eu 3 cas d'oiseaux suspectés de salmonellose. Il s'agissait d'Astrilds de Veireaux, qui m'ont été offerts car la personne venait d'en perdre deux, sur 7. Ces deux là étaient tombés malades un matin et morts la nuit suivante.

Les Astrilds sont donc arrivés chez nous, trois très malades, l'un d'eux -une femelle- était en hypothermie, et deux en état normal.

Les malades étaient en boule, raides, ne mangeaient plus. Ils semblaient chercher de la nourriture dans la cage, mais ne prenaient rien.

Avant de les mettre au chaud (30°C) dans la cage hôpital, nous leur avons fait boire un peu d'antibiotique préparé à leur intention, leur état étant vraiment alarmant.

Pour identifier la maladie, il était impossible de prendre le temps de faire des examens des déjections. Il était seulement possible de tenter de différencier les symptômes de ceux d'autres maladies. Les oiseaux ayant précedemment vécu en cage, leur maladie pouvait ne pas être une pseudotuberculose ni une colibacillose. De plus la mort avait été très rapide, plus que dans les cas de pseudotuberculose ou de colibacillose. Le contexte (oiseaux importés récemment) contribuait aussi à soupçonner une salmonellose.

Traitements efficaces contre la salmonellose:

Nos Astrilds de Veireaux ont été traités au Chloramphenicol, Mycolicine, pendant une semaine. Dosage: 12 gouttes pour 60ml d'eau, ou bien 5ml par litre d'eau. Il faut faire une interruption de une semaine et recommencer le traitement.
Pendant 10 jours, Trimétoprime/Sulfadiazine: Adjusol TMP Sulfa Liquide. Dosage: 2,5ml par litre d'eau.
Pendant 10 jours, Flumequine: Flumisol à raison de 20 gouttes par litres d'eau, ou Flumix poudre.
Très efficace : pendant 10 jours, de l'enroflaxine. Baytril à raison de 150mg par litre d'eau.
Les conditions d'hygiène sont identiques à celles des autres maladies infectieuse: mains lavées après toute manipulation des oiseaux ou des accessoires de la cage.

Il faut absolument éviter de les mettre en contact avec les autres oiseaux pendant au moins deux mois, même trois. Des oiseaux ayant été en contact avec des malades atteints de la salmonellose doivent être traités

Les cinq Astrilds se portent bien, ils ont mué sans problème et sont bien colorés. Leur mésaventure date du mois de Juillet. Ils sont depuis un mois en compagnie d'un chanteur de Cuba et d'un Diamant à longue queue, qui n'ont pas contracté de maladie.

[ref: J. et M. VIGUIE] : Les petits passereaux une fois guéris semblent en général ne plus être porteurs du germe. D'autre part, un vaccin peut être fabriqué et utilisé dans les cas de récidive.

[ref: J.P. ANDRE] : Les salmonelles sont très résistantes et pourraient survivre 28 mois à l'extérieur. Si le risque de porteurs du germe est présent, on peut avoir recours au vaccin. Attention dans les dosages.


Hépatite.
C'est une maladie non virale à évolution lente, à peu près un mois. Il semblerait que des oiseaux de la volière ne contractent pas cette maladie, peut-être grâce à leur mouvement permanent, et aux diverses sources de nourriture qu'ils rencontrent.

Les oiseaux en cage sont plus susceptibles d'en souffrir. Cette affection est provoquée par une alimentation trop riche et trop peu d'exercice; c'est le phénomène du "foie gras", que l'on peut qualifier de cirrhose. Le foie devient trop gros et très fragile. En cage, l'apport régulier de choline et de méthionine, une nourriture équilibrée, permettent d'éviter l'hépatite.

L'abdomen de l'oiseau est gonflé, plutôt vers le dessous des côtes.

Le malade au début se met en boule de temps en temps, puis de plus en plus souvent. Il s'installe très fréquemment à sa gamelle, mais si on l'observe bien, il ne mange pas ou peu.

Si on remarque suffisamment tôt un comportement anormal (de temps en temps en boule, souvent à la mangeoire, etc.), on peut tenter de traiter:

Spécial Foie (Francodex en animalerie), tous les jours jusqu'à ce que l'oiseau soit guéri.
Ocecholine (Labo Viguié en pharmacie ou chez le vétérinaire), tous les jours jusqu'à ce que l'oiseau soit guéri. C'est le médicament que nous utilisons, il contient des minéraux en plus.
Nos oiseaux (cages et volières) prennent à peu près régulièrement de l'Ocecholine 2 jours par semaine.


Proventriculite.
Un petit Bec d'Argent avait été acheté pour son air misérable. Tout nu, sans une plume, il frissonnait dans un coin de cage en animalerie, sous l'œil indifférent des marchands d'oiseaux.

Mis au chaud, dans un confortable cage, il mangeait très peu, et a continué à dépérir. Rien n'a pu l'empêcher de mourir au bout d'une dizaine de jours.

Après son décès, nous voulions en connaître la cause. C'était une proventriculite. Le diagnostic se fait sans erreur possible: le proventricule contenait un mucus assez épais, qui était peuplé de très nombreuses bactéries vraiment énormes, en forme de baguettes. Elles sont visible même avec un microscope à faible grossissement.

Cette maladie évolue en à peu près 2 mois, pendant lesquels l'oiseau maigrit et finit par mourir. Il se met en boule de plus en plus fréquemment. Contrairement à l'hépatite, il n'est pas sans arrêt à la recherche de nourriture[ref: J. et M. VIGUIE]. Quand l'oiseau maigrit, il est tard pour soigner.

Selon certains ouvrages [ref: J. et M. VIGUIE] la seule possibilité dans l'état actuel des connaissances de la proventriculite, c'est de prévenir ou de traiter très tôt :

Oceproven (Labo Viguié en pharmacie ou chez le vétérinaire). Donner en prévention, et tous les jours en curatif.
Le laboratoire Brunet fabrique et distribue un produit à base de ferments, OrniFlor. Il existe en poudre et en liquide (présenté en bombe). Bien que plutôt onéreux, le produit semble intéressant. Ils ont aussi une pâtée contenant un pourcentage de ces ferments. C'est ce que nous utilisons tous les jours, et de temps à autres en liquide, en alternance avec Ocecholine pour le foie.
On ne peut écarter l'hypothèse d'une origine virale de la proventriculite, et la mégabactérie présente serait un phénomène surajouté. [ref: J. et M VIGUIE].


Les maladies à virus.
Nous n'avons pas su déceler les maladies virales, s'il y en a eu.

La plus connue est la variole du canari, pour laquelle il existe un vaccin.

La proventriculite est peut-être une conséquence possible d'une atteinte par virus qu'il reste à identifier [ref: J. et M. VIGUIE].


Rétention d'oeuf ou "mal de ponte".
Ce type d'accident ne s'est encore jamais produit chez nos femelles, qu'elles habitent la volière ou en cage.

L'oiseau est au sol, ou aplati sur un perchoir. Sa queue hoche au rythme de la respiration. Il faut agir rapidement.

Il y a des récidives et la mort peut résulter du choc subi par la malade [ref: J.P. ANDRE]

On peut garder la femelle malade à 30°C avec une hygrométrie élevée, de 1/2 heure à 2 heures et demi.
Il a été aussi préconisé d'infiltrer un peu d'huile dans le cloaque, et faire suivre d'un massage doux. Il faut garder l'oiseau au chaud. Cela ne peut être efficace que si l'oeuf est suffisamment bas et comme toute manipulation présente de risque de fracturer l'oeuf à l'intérieur du corps.
Solution plus efficace : application sur la muqueuse du cloaque d'une hormone (Ocytocine), en dilution de 8% à 10% [ref: J. et M. VIGUIE]. Ceci est effectué par un vétérinaire. Cette hormone étant un produit dangereux [ref: VADE-MECUM du VETERINAIRE], elle n'est pas en vente libre.
Autre traitement : anesthésie générale de la malade (par un vétérinaire). L'anesthésie fait disparaître le spasme qui retint l'oeuf. Là aussi aider à l'évacuation de l'oeuf. [ref: J.P. ANDRE]
Un alimentation équilibrée, des minéraux en quantité suffisante, de l'exercice régulier pour les oiseaux, ainsi que l'absence de gros écarts de température sont peut-être des moyens de l'éviter.


Acariase respiratoire.
L'acariase est causée par la présence de petits acariens dans les voies respiratoires des oiseaux.

Nous avons rencontré le cas chez deux oiseaux nouvellement achetés : un Cordon-Bleu, et un Diamant de Gould (ces oiseaux sont souvent sujets à cette parasitose). Chez ces deux oiseaux, le traitement a été efficace, les oiseaux respiraient normalement dès le lendemain.

Il semble que les petits exotiques sont plus souvent atteints par l'acariase que le Canari. L'oiseau éternue de temps en temps, et ouvre le bec lors de la respiration. Parfois il secoue la tête. Dans les cas grave, il respire très mal, éternue beaucoup, sa respiration fait un crépitement. L'acariase non traitée fait mourir l'oiseau à plus ou moins brève échéance.

On ne peut avoir une certitude qu'avec une autopsie de l'oiseau, et ceci n'est pas envisageable sur un oiseau que l'on cherche à guérir! Les symptômes sont les mêmes dans les autres maladies respiratoires, ce qui ne facilite pas la décision à prendre. L'action du traitement de l'acariase étant rapide (si l'on n'a pas trop laissé traîner la situation), on peut appliquer le traitement, notamment s'il s'agit d'un Exotique, et voir le résultat. Si celui-ci n'est pas satisfaisant, il faut s'orienter vers une maladie infectieuse.

Le traitement est répété, afin de détruire toutes les générations des acariens, même si l'oiseau semble guéri.

Recouvrir entièrement la cage d'un tissu. Vaporiser dans la cage, pendant 5 secondes, une bombe insecticide spéciale "Oiseaux". Par exemple : marque Francodex, vendue en animalerie. Ne pas se servir d'un insecticide en bombe habituellement utilisé dans les habitations. Laisser le tissu environ 10 minutes, pas plus. Recommencer tous les 4 jours, au total 5 traitements.
Se procurer une boîte poudreuse de Carbyl (produit actif : Carbaryl, vétérinaire ou pharmacie). Cette poudre contient la bonne concentration de Carbaryl pour le mélange suivant : 2% de Carbyl, avec des graines (1 gramme de Carbyl pour 50 grammes de graines). L'oiseau ne doit manger que cela pendant un jour. Recommencer 3 fois à une semaine d'intervalle. Attention, ce produit est toxique si surdosé.
Ivomec buvable (produit actif : Ivermectine), 2ml pour 1 1itre d'eau. Cette solution n'est valable que si vous pouvez vous procurer une petite quantité de produit (chez votre vétérinaire?) car le conditionnement coûte très cher. L'oiseau ne doit pas disposer d'un autre apport de liquide (pas de fruits ou de verdure) pendant une journée. Un seul traitement.
Certains éleveurs utilisent l'Ivomec injectable, à raison d'une goutte déposée sur la peau, au pli de l'aile. Même problème de prix que pour le traitement précédent. Un seul traitement.
Ne pas mélanger les traitements anti-acariens entre eux (par exemple Carbaryl+Bombe), un seul à la fois suffit.


La présence d'une plaquette insecticide à base de Dichlorvos (exemple Vapona), choisie en fonction de la taille de la pièce où sont les oiseaux, plaquette plutôt plus petite que trop grande, semble donner de bons résultats chez nous.


Les Tiques et les Oiseaux.
En 1997, nous avons perdu un oiseau qui portait une tique. Il s'agissait d'un Chanteur d'Afrique, qui vivait dans la volière depuis 3 ans. Il était amputé au niveau du tarse (il avait été adopté avec un début de gangrène), et se portait bien. A ce moment là, j'ai supposé qu'il n'avait pas eu la possibilité d'empêcher le parasite de se fixer. En 1999, deux Mandarins sont morts pour la même raison, à deux jours d'intervalle. Tous deux étaient en excellente forme. Sur les trois oiseaux, la tique était fixée à l'arrière du crâne.

Les symptômes : présence de la tique, bien sûr. L'oiseau est au sol, très faible, sa température est plus basse que la normale. Ils sont morts en moins de 4 heures après que nous les ayons trouvés.

L'autopsie de l'un d'entre eux (laboratoire spécialisé) n'a rien révélé de significatif. Les muqueuses de l'oiseau n'étaient pas décolorées, la quantité de sang prélevée par le parasite ne pouvait pas causer directement la mort. Il n'y avait aucun signe d'une maladie en cours.

Notre vétérinaire soupçonne une rickettsiose, qui est la maladie causée par un micro-organisme inoculé par les tiques. Lors de la mort, ces micro-organismes disparaissent rapidement du sang.

Il existe un antibiotique actif contre cela. La rapidité de l'évolution empêche de pouvoir traiter suffisamment tôt, l'oiseau passant directement d'un comportement normal à un état de faiblesse importante. La tique devient visible par un discret rebroussement des plumes, et à ce moment là, l'oiseau est affaibli et il est déjà trop tard.

Pour tenter d'éviter ce type de décès : en grande volière extérieure, il est difficile d'empêcher la présence de ces parasites.


Informations sur le dosage.
20 gouttes = 1 ml pour un liquide aqueux (non huileux), compte goutte acheté en pharmacie car il peut y avoir des variations.

250 ml (1/4 litre) jusqu'à 1 litre d'eau : doseur de cuisine.

1ml à 5ml : seringue graduée. Attention, il ne faut pas ajouter d'aiguille ou de tube, cela peut modifier la quantité.

Jusqu'à 250 ml (1/4 litre) : biberon. Ne pas utiliser de verre de table (non gradué) ou de cuillère.

Pour préparer 1g de poudre, si vous avez 10g de poudre : prendre un papier quadrillé, faire une ligne de poudre, longue de 10 carrés et bien régulière. Une graduation représentera 1g.

Une cuillère doseur n'est pas fiable même pour un liquide, car selon le remplissage le dosage n'est pas le même. En effet, le liquide n'est jamais parfaitement au ras de la cuillère.

Les poudres sont plus difficiles à doser. Un récipient contenant 5 ml d'eau ne contient pas forcément 5 grammes de poudre. Utiliser le doseur habituellement livré avec le médicament en poudre.

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